Haïti-corruption

Les États-Unis sanctionnent l’ancien directeur général de l’Administration générale des douanes d’Haïti (AGD), Romel Bell, ainsi que le sénateur du Centre  Rony Célestin pour corruption.  C’est le Département d’État américain qui en a fait l’annonce, ce vendredi 9 décembre 2022. Les membres de leurs familles immédiates sont également frappés par cette mesure.

Le gouvernement américain n’a pas encore sanctionné certaines personnalités haïtiennes déjà ciblées par le Canada en raison de leur statut d’immigration et de protections juridiques complémentaires dont elles bénéficient  aux Etats-Unis, selon le Miami Herald.

Les responsables du réseau national des plaignants PetroCaribe et ceux de l’espace de mobilisation nationale dénoncent le fait que le dossier Petrocaribe ait été jeté aux oubliettes au niveau de la justice haïtienne. Ils rappellent que certaines personnalités faisant l’objet des sanctions américaines et canadiennes sont citées dans le gaspillage des fonds vénézuéliens.

La ministre des Affaires étrangères, du Canada, Mélanie Joly, a indiqué que le Canada imposera des sanctions supplémentaires, en vertu du Règlement sur les mesures économiques spéciales visant Haïti, en réponse à la conduite inacceptable de membres de l’élite haïtienne qui apportent un soutien financier et opérationnel illicite à des gangs armés. Les dernières sanctions du Canada visent 3 membres très en vue de l’élite économique en Haïti Gilbert Bigio, Reynol Deeb et Sherif Abdallah et leur imposent une interdiction de transactions, ce qui aura pour effet de geler tout avoir qu’ils peuvent détenir au Canada.

Le Canada a des raisons de croire que ces personnes utilisent leur statut de membres très en vue de l’élite économique en Haïti pour protéger et permettre les activités illégales de gangs criminels armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption. Ces gangs et leurs partisans continuent de terroriser les populations vulnérables en Haïti en toute impunité et ils précipitent une crise humanitaire dans le pays, qui comprend la résurgence du choléra. Ils commettent également des actes de violence inqualifiables, notamment des violences sexuelles généralisées, à l’encontre des populations touchées et empêchent la prestation de services essentiels et l’acheminement d’aide humanitaire.

Le 9 décembre ramènerait  la journée Internationale de la lutte contre la corruption. Pour l’occasion, la Chambre de Commerce Haitiano-Canadienne a appelé les haïtiens à prendre conscience de l’effet dévastateur de ce fléau sur l’ensemble de la communauté.  La Chambre de Commerce haitiano-Canadienne souligne que la corruption engendre un ensemble de phénomène tel que l’insécurité, le choléra, le phénomène des gangs, la vie chère, l’exode des jeunes, l’incapacité à progresser économiquement, socialement et politiquement.

 D’un autre côté les  sanctions de l’organisation des Nations Unies contre ceux qui financent les gangs devraient être effectives en janvier 2023. En conférence de presse, Ulrika Richardson a évoqué le sujet de l’intervention internationale proposée il y a deux mois par le chef de l’ONU, Antonio Guterres. Selon elle, le Conseil de sécurité de l’ONU discute toujours d’une éventuelle intervention internationale en Haïti. Interrogée sur combien de temps pourrait-on attendre à une telle réponse, Mme Richardson estime qu’il y a un sentiment d’urgence, beaucoup d’acteurs partagent ce sentiment d’urgence. Mais c’est délicat. Toutefois, elle a indiqué que la plupart des pays restent sceptiques quant à une intervention militaire en Haïti, notant les échecs précédents des missions de maintien de la paix. Par ailleurs, elle a ajouté que les gens sont quotidiennement confrontés à la violence dans la capitale Port-au-Prince, affirmant que “cela ne peut pas continuer ».

Haïti / politique Le premier ministre Ariel Henry a réitéré cette semaine  son engagement à poursuivre le dialogue social et politique avec tous les secteurs indistinctement, à accélérer les réformes entamées dans l’administration publique et à œuvrer sans relâche pour le rétablissement et le renforcement des institutions régaliennes et démocratiques du pays.

L’ancien ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, James B. Foley  croit qu’il est nécessaire de trouver un consensus qui doit mener vers des élections démocratiques. « La réalité est que M. Henry est un dirigeant isolé, discrédité et défaillant.  Le soutien indéfectible dont il bénéficie de la part des États-Unis est aussi déconcertant que contre-productif »,  croit comprendre le diplomate.

 Tout haut fonctionnaire de l’état voulant se rendre à l’étranger doit être muni d’une autorisation dûment signée du Premier ministre l’habilitant à se déplacer. La Direction de l’Immigration et de l’Émigration a formellement passé des instructions en ce sens aux agents d’immigration dans les différents ports, aéroports et postes frontaliers du pays. Selon la note du circulaire, cette décision est valable aussi bien pour les missions officielles que les voyages privés avec passeport régulier, officiel ou diplomatique.

Haïti-justice 

Le substitut du commissaire du gouvernement de Port-au-prince Jeanty Souvenir décide de citer au correctionnel le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) pour diffamation. Me Jeanty a pris pour cible le Directeur exécutif de cette structure Pierre Esperance et sa Directrice de programme Marie Rosie Auguste Ducénat. Le substitut dément avoir reçu des pots-de-vins pour tenter de libérer Amos Edmond et Signoly Edmond écroués au penitentier national pour assassinat sur la personne de Gabriel François le 21 juin 2021 à l’île de La Gonave.

TPS renouvelé pour des haïtiens

Les États-Unis accordent 18 mois de prolongation du Statut de Protection Temporaire (TPS) aux Haïtiens, permettant aux ressortissants d’Haïti en situation irrégulière ayant séjourné avant le 6 novembre de bénéficier de cette nouvelle faveur des autorités américaines. C’est le secrétaire américain de la Sécurité intérieure, Alejandro N. Mayorkas, qui l’a annoncée, le lundi 5 décembre, dans un communiqué. Le Statut de Protection Temporaire (TPS), qui devait terminer le 4 février 2023, prendra fin le 3 août 2024. Pour cette nouvelle prolongation, les autorités américaines ont mis en cause la situation du pays qui ne s’est pas améliorée.

Les ressortissants haïtiens se trouvant aux États-Unis avant le 6 novembre 2022 bénéficieront le TPS s’ils remplissent toutes les conditions d’admissibilité, qui seront communiquées sous peu par le secrétaire dans un avis de registre fédéral.Une délégation canadienne a rencontré les dirigeants de la Police nationale d’Haïti (PNH), a confié l’ambassade du Canada en Haïti, dans un tweet ce vendredi 9 décembre 2022. Lors de cette rencontre, les diplomates ont réitéré la solidarité et l’appui du gouvernement canadien envers la police haïtienne.

Le groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a dénoncé les déportations massives et inhumaines de 56 300 ressortissants haïtiens vers Haïti de septembre à novembre 2022. Carl-Henry petit Frère qualifie ces actions comme une chasse aux sorcières et une haine contre des haïtiens en République dominicaine. Le coordonnateur de cet organisme a fait cette déclaration, mardi 6 décembre 2022 lors d’une intervention sur Radio France internationale.

Haïti/ santé

 L’épidémie de choléra reste une préoccupation pour le pays et pour les  Nations-Unies. Le nombre de cas continue d’augmenter, avec 283 décès et près de 12 000 hospitalisations. Outre  l’augmentation continue   du nombre de cas, l’organisation s’inquiète de sa  propagation dans les régions, dans  8 des 10 départements. 

La rédaction