
« Les demandeurs d’asile qui utilisent le chemin Roxham, pour rentrer au Canada, sont désormais, rédigés en grande partie en dehors de la province du Québec, notamment en Ontario, selon la ministre québécoise de l’Immigration, Christine Fréchette » en melée de presse, ce mardi 14 février 2023.
Montréal, https://www.lemiroirinfo.ca, Mardi 14 Février 2023
En effet, cela plusieurs demandeurs d’asile utilisent le chemin Roxham pour venir s’établir au Canada dans la province de Québec.
Pas moins de 380 personnes qui ont emprunté ce passage irrégulier samedi 11 et dimanche 12 février dernier, seulement 8 sont restées au Québec, a précisé la ministre lors d’une mêlée de presse, mardi 14 février 2023. Elle considère cette nouvelle mesure du gouvernement fédéral comme un cadeau de St-Valentin offert au gouvernement d’Avenir Québec de François Legault.
On est très contents, a fait savoir Mme Fréchette.
« Le problème [de l’entrée massive de migrants irréguliers au pays] demeure, mais toujours est-il que c’est une amélioration, c’est un pas dans le bon sens. »
— Une citation de Christine Fréchette, ministre de l’Immigration du Québec
Il est toutefois trop tôt pour dire si cette approche sera maintenue par le gouvernement fédéral, toujours selon la ministre. On attend d’avoir une confirmation.
Je n’ai pas d’information quant à ce qui s’est passé [lundi], mais nous, on s’attend à ce que cette nouvelle approche perdure et fasse en sorte que l’ensemble des futurs demandeurs d’asile soit redirigé vers d’autres provinces, parce que la capacité d’accueil du Québec, elle est dépassée. C’est un premier pas, a-t-elle ajouté. Est-ce qu’il y aura d’autres provinces qui seront mises à contribution? Potentiellement…
Un accueil proportionnel au poids politique du Québec
Le gouvernement du Québec demande depuis longtemps à Ottawa de trouver des solutions à la grande et incessante affluence des demandeurs d’asile dans la province, dont les capacités d’accueil sont limitées.
La ministre Fréchette a d’ailleurs évoqué mardi 14 février 2023, « la pression importante qui était mise sur nos programmes gouvernementaux et les organismes d’accueil en raison de cette affluence marquée de migrants irréguliers ».
On demande à ce que la proportion des demandeurs d’asile qui restent au Québec équivaille au poids politique du Québec dans le Canada, donc on parle de 22 ou 23 %, a souligné la ministre. Là, on serait dans des eaux acceptables.
On est vraiment au-delà de ça, a-t-elle soutenu, indiquant qu’environ 60 000 demandeurs d’asile irréguliers étaient arrivés au pays par le chemin Roxham en 2022. De ce nombre, Québec souhaiterait par exemple en accueillir un maximum de 14 000.
Selon une source consultée par Radio-Canada, un total de 5557 demandeurs d’asile ont été envoyés en Ontario par le fédéral depuis le 30 juin dernier, à la demande de Québec, un nombre en forte augmentation depuis quelques semaines.
La ministre Fréchette a expliqué mardi que 500 chambres d’hôtel additionnelles avaient été réservées récemment par le fédéral pour accueillir plus de migrants en Ontario. Fin décembre, Ottawa louait quelque 1860 chambres d’hôtel dans la région du Grand Montréal.
Fermeture toujours réclamée?
Au début du mois, Christine Fréchette avait laissé entendre que la fermeture du chemin Roxham n’était pas la solution au problème de l’immigration irrégulière. Elle soutenait qu’une telle décision serait dangereuse pour les migrants et qu’un autre point de passage risquait de toute façon de s’ouvrir.
Quelques heures plus tard, elle avait fait volte-face, reprenant plutôt la position caquiste des derniers mois qui réclame du gouvernement fédéral, duquel relève la gestion des frontières, la fermeture de cette voie de passage. Questionnée à ce sujet mardi, la ministre est restée vague quant à la nécessité de fermer le désormais célèbre chemin. Le vrai règlement de l’enjeu, ça va passer par une solution qui va faire en sorte de mettre fin à l’arrivée massive de demandeurs d’asile, a-t-elle indiqué.
« Nous, on pense que ça passe par une renégociation de l’Entente sur les tiers pays sûrs. Maintenant, c’est au fédéral de décider ».
Avec les informations de Romain Schué