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Deux parlementaires américains dénoncent le traitement d’esclavagisme infligé à plus de 135.000 haïtiens dans les sucreries dominicaines  

Deux parlementaires américains en visite de terrain en République Dominicaine, dénoncent les travaux forcés infligés aux travailleurs haïtiens dans les bateys dominicains. Ces braceros haïtiens travaillent sous la surveillance des hommes armés dans les champs de canne à sucre dans le pays voisin.

Santo Domingo, https://www.lemiroirinfo.ca, Dimanche 24 Juillet 2022

« Il y a plus de dix ans, une plainte en matière de travail déposée dans le cadre de l’accord de libre-échange entre la République dominicaine et l’Amérique centrale (DR-Cafta) demandait au gouvernement américain d’enquêter sur les allégations de travail forcé dans l’industrie sucrière dominicaine. Au début du mois, nous avons rencontré des travailleurs et des fonctionnaires en République dominicaine afin de mieux comprendre ce problème troublant qui existe depuis des décennies. Des progrès significatifs ont été réalisés pour lutter contre le travail des enfants et réduire la traite des êtres humains. Cependant, nos observations et nos conversations avec des personnes sur le terrain ont confirmé les récents rapports officiels et médiatiques selon lesquels des indicateurs de travail forcé persistent.

« Nous avons vu les conditions de travail et de vie pénibles qu’endurent les coupeurs de canne pour produire le sucre destiné à notre consommation. Ils vivent avec leurs familles dans des logements fournis par l’entreprise, appelés « bateyes », dans des conditions difficiles et inférieures aux normes. Même Central Romana, le plus grand producteur de sucre de la République dominicaine, qui a entrepris certaines améliorations, a reconnu que ses installations ont besoin d’une mise à niveau beaucoup plus importante.

« Malgré cela, une culture de la peur semble imprégner l’industrie, avec des superviseurs d’entreprise, des gardes armés et des membres de syndicats non représentatifs qui surveillent les travailleurs dans les champs et sur les bateyes. Certains travailleurs ont décrit avoir reçu l’ordre de garder le silence et de ne parler à personne de leurs conditions avant notre visite. Un tel harcèlement et une telle intimidation sont totalement inacceptables et confirment la nécessité d’une action immédiate.

« L’industrie repose essentiellement sur des travailleurs d’origine haïtienne, qui ne bénéficient pas des protections de base et n’ont pas accès à des permis de travail temporaires ou à tout type de statut régularisé ou légal. Certains de ces travailleurs font également partie des quelque 135 000 apatrides que compte le pays. Sans statut juridique, les travailleurs resteront très vulnérables aux abus et au travail forcé. L’heure est venue pour les entreprises de rendre des comptes à leurs travailleurs et de s’associer aux responsables gouvernementaux pour remédier à leur situation et mettre enfin un terme au risque de travail forcé.

« Avec l’administration Biden, nous devons renforcer les liens de longue date entre les États-Unis et la République dominicaine pour mettre l’industrie sur la bonne voie. Nous sommes aux côtés de ces travailleurs et des fonctionnaires dominicains qui cherchent à protéger les droits des travailleurs, en particulier ceux d’origine haïtienne. L’amélioration des normes de travail dans nos pays partenaires commerciaux contribue également à élever les normes pour les travailleurs américains » ont écrit les senateurs américains Earl Blumenauer (D-Oregon), président de la sous-commission du commerce de la commission des voies et moyens, et le représentant Dan Kildee (D-Michigan), vice-président du groupe parlementaire démocrate et coprésident du groupe parlementaire sur le sucre.

La rédaction

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