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Georges Jacques: L’histoire émouvante à succès d’un homme d’affaires canadien d’origine Haïtienne !

Georges Jacques est cet homme d’affaire qui est  toujours tiré à quatre épingles, au bureau comme dans les rues. Ses habits sont toujours bien assortis. Un style digne d’un vrai fils limbéen. 

Montréal, htpps://www.lemiroirinfo.ca, Dimanche 09 Août 2020

L’équipe du journal «lemiroirinfo » a pris rendez-vous pour le rencontrer dans un petit parc privé sur le boulevard Gouin, près d’une maison qu’il vient à peine de faire l’acquisition et qui est en pleine rénovation.

Environ d’1m67 de hauteur pour 75 kilos, en ce samedi matin de la saison estivale, au bord de la rivière des Grandes Prairies,  l’entrepreneur d’origine haïtienne, est bien bichonné dans un veston de couleur verte, une chemise de la même couleur. Tout ça, agrémenté par une cravate verte et une paire de souliers noirs.

Du simple vendeur de matériels électriques à l’âge de 12 ans au propriétaire d’entreprises

Toto, Georgy ou Georges, c’est ainsi que ses amis et ses proches l’appellent. L’homme est  détenteur d’une maîtrise en architecture et d’un baccalauréat en télécommunication.

 Ce natif de la cité de Paul Romain  et de Jean-Baptiste Cinéas (Limbé), commune du département du Nord, nous retrace le parcours de sa vie avec un sentiment de fierté. Un parcours qui est pourtant parsemé d’ambuches, de tristesse et de succès. 

En effet, Georges Jacques, a fait ses études primaires à l’école Jean-Marie Guilloux au centre-ville de Port-au-Prince au cours des années 1970-1977. Puis ses études secondaires respectivement aux Collèges Saint-Pierre et Honoré Mercier durant les années 1978-1984.

En Haïti, plus  de la moitié de la population vit sous le seuil de la pauvreté extrême, avec moins d’un dollar américain par jour d’après un rapport du programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD). L’ingénieur architecte Georges Jacques a enseigné les mathématiques, les sciences physiques et la chimie dans les deux établissements secondaires où il a fait ses études secondaires.

La naissance de Jacques Georges

Nous l’avions dit tantôt,  Jacques est né à Limbé, commune située à 35 Kilomètres à l’entrée Sud de la métropole du Nord, Cap-Haïtien. Ce cinquantenaire aujourd’hui  a été élevé dans une famille monoparentale. Georges qui se fait sien le nom de famille de sa mère, n’a jamais connu son père biologique.  Ainsi,  dès sa tendre enfance, sa mère lui a permis de faire connaissance avec la vie bouillante et chaude de la Capitale haïtienne.

 Georges,  sa mère Ginette Jacques, son beau-père et sa petite sœur se sont alors installés dans la commune de Delmas. Les premiers moments dans ce nouveau département d’accueil pour la famille Georges n’étaient pas tout  aussi tendres. 

C’est le cas d’ailleurs pour beaucoup de familles monoparentales  qui ont connu malgré elles, l’exode rural. La mère du petit Georges a alors connu de grandes difficultés à joindre les deux bouts  et faire bouillir la marmite pour nourrir le foyer et payer la scolarité de son gosse et sa petite sœur.

Aujourd’hui, père de trois enfants dont une fille et deux garçons, cet entrepreneur atypique, a pris un moment de silence juste pour reprendre son rythme. « J’ai dû abandonner une école primaire, en pleine année scolaire, pour un autre établissement scolaire moins cher. Nous sommes en 1972. En cause : ma mère n’avait à l’époque, les moyens pécuniaires adéquats pour pouvoir répondre aux exigences économiques de la première école »  nous raconte-t-il  dans un air plutôt rêveur.

À l’âge de 12 ans, la mère de Jacques est tombée malade. Pour faire face à cette situation délicate, le petit gosse a dû devenir vendeur de matériels électriques et continuer en même temps ses études classiques. Il est alors  devenu un pilier incontournable pour la famille des Jacques. C’est lui la pierre angulaire. Aussi, l’adolescent de son état, a-t-il entrepris de petites activités économiques, afin de trouver de l’argent pour payer les soins médicaux nécessaires à sa mère souffrante. «  À l’âge de douze ans, j’ai dû me transformer en homme d’affaires, en faisant des soldes et en vendant des matériels électriques pour pouvoir rassembler de l’argent pour payer les soins médicaux de ma mère » a-t-il confié.

Puis, paris gagné. La mère de Georges s’est rétablie. À ce moment-là, sa maman a pris la relève. L’ingénieur architecte s’est consacré entièrement à ses études en mettant un terme à ses activités de vendeur de matériels électriques.

En dépit des conditions financières précaires de sa famille, Jacques caresse de grands rêves pour son avenir.  Il envisage en fait de devenir un brillant ingénieur, un homme très influent dans le pays. Un rêve qui est bel et bien concrétisé par la force de la patience, de la discipline et de la détermination, comme dirait Maxime Victor, un autre entrepreneur canadien, d’origine haïtienne.

Les premiers vrais boulots de Jacques

Rares sont ceux en Haïti, qui n’ont pas eu leur premier emploi dans l’enseignement. Le président directeur général de « Algor Architecture » Georges Jacques, a enseigné, après ses études classiques, les mathématiques, les sciences physiques et  chimiques  dans divers établissements  secondaires de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince pour payer ses études en télécommunications à l’Institut Universitaire Spécialisées, une entité privée affiliée à la Faculté des Sciences.

Sa nouvelle vie au Québec

Cet entrepreneur à succès qui a foulé pour la première fois, en 1997, le sol québécois et s’investit depuis 2010 dans l’immobilier, la construction, la conception de structure et de calcul de structure, dans ce pays d’accueil,  a connu des jours sombres dans sa vie. Il nous en parle d’ailleurs avec des larmes aux yeux. «  La vie n’était pas toujours rose pour moi qui vous parle présentement avec tant de fierté » se rappelle l’entrepreneur haitiano-canadien. Après ses études universitaires en télécommunication, il a été engagé à la Téléco, actuellement « Natcom».

« En 1997, je suis venu faire un baccalauréat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Environ 5 ans plus tard,  nous sommes alors en 2002, je suis de retour au pays avec la volonté d’apporter mes expertises acquises là- bas, dans cette boîte qui m’a appris la passion du travail et surtout d’un travail bien fait » se souvient Jacques.

Pourtant, de retour au pays, les choses ne se sont pas passées comme souhaitées. « Au lieu de me donner la possibilité de mettre à profit mes compétences au sein de la compagnie, j’ai été plutôt considéré comme un ennemi à battre » a déploré Georges, avec un brin de regret.

Pour dissiper sa déception, l’ingénieur en télécommunication et en architecture, a pris la décision de retourner, peu de temps après,  au Québec, où il a tissé des liens solides avec ses anciens camarades. « Une fois que je suis ici, j’ai pris la décision de me lancer en affaire dans la vente de téléphones mobiles et des cartes de recharge » a-t-il poursuivi, arguant qu’au début les choses n’ont pas été comme on le souhaitait. « Il n’était pas facile de me faire reconnaitre comme entrepreneur dans un marché dominé en grande partie par les natifs et des gens d’origine multiple», nous a-t-il confié, l’air plus détendu qu’avant.

 En 2007, Georges a entrepris des partenariats avec la Téléglobe et la TNT, deux géants de la télécommunication, au Québec. Il a donc engrangé des contrats pour être parmi les distributeurs exclusifs des téléphones portables et des cartes de recharge, dans sa contrée.

Se classant parmi les pionniers de la promotion et du développement des outils de téléphonies mobiles, l’homme a développé une stratégie de culture mosaïque dans les différentes communautés en vue de mieux distribuer ses produits. Le magasin qui acceptait de prendre ses produits a un bonus sur chaque article vendu.

Malheureusement, en 2010, le marché de télécommunication a pris d’autres tournures. La Télégobe est au bord de la faillite. L’ingénieur en télécommunication qui avait décroché également un baccalauréat et une maitrise en architecture, s’est vite reconverti en agent immobilier.

Jacques Georges a alors créé sa propre compagnie de construction « Algor Architecture ». Une entreprise qui, aujourd’hui, connaît un succès époustouflant.

Le Patron de Algor Architecture,  dispose actuellement une trentaine de personnes qui travaillent avec lui pour faire fonctionner cette compagnie spécialisée en construction, conception et calcul de structures et du flip immobilier. « Je suis surtout intéressé à acheter des maisons délabrées pour les mettre en valeur et  les revendre ensuite», s’est confié  l’ingénieur en architecture.

Respectueux père de famille et brillant intellectuel,  Georges Jacques a été très admiré par ses camarades de classe. En effet, ces qualités lui ont ainsi permis de  bénéficier du réseautage de ses anciens camarades d’Université, pour faire la promotion de son entreprise. «Je suis toujours en contact avec certains de mes camarades. Ma compagnie a sous-traité avec de grandes firmes que dirigent ces derniers. J’ai des contrats jusqu’en 2026 », nous a-t-il révélé, comme un scoop, une façon pour lui de  justifier qu’il n’est pas intéressé à faire de la publicité pour sa firme de construction.

La vie est comme un ring de boxe. On doit se battre jusqu’au dernier soupir. Mais, il faut  le faire avec la manière, il faut se fixer un but cadré autour des objectifs. « Ma vie est une vie d’études et de discipline. Je n’arrête pas de faire des études pour améliorer mes performances » a souligné celui qui continue à faire flotter au plus sommet, l’étendard haïtien, sous le ciel québécois.

La journée de Georges est méticuleusement planifiée. Il a un agenda bien rempli qu’il doit d’ailleurs respecter à la lettre.

L’homme qui exécute des contrats juteux ne laisse rien au hasard.  La journée de l’ingénieur architecte commence à 5h du matin et termine à 18h00. Après une heure de gym, il prend sa douche puis son petit déjeuner.  Puis,  à 7h30, il doit être confortablement installé dans son bureau pour diriger les équipes de travail. « Je me lève à 5h du matin. Je fais la lecture, le sport, j’arrose mes fleurs, je nettoie ma piscine et je prends mon bain et je m’habille. Je laisse la maison à 7h. Je suis à mon bureau toujours à 7h 30. Je planifie mes chantiers et je délègue les équipes pour la journée », nous énumère-t-il avec une précision digne d’un ancien professeur de mathématiques et des sciences physiques.

La place du foyer dans la vie de l’entrepreneur

Son épouse, Marie  Alzette Zidor Jacques  qu’il a rencontrée depuis son entrée aux études secondaires et ses trois enfants : «Allan, Alex-Georges et Algine Jacques » ont une place de choix dans la vie de celui qui s’est fait une belle réputation au Québec.

« On n’abandonne jamais une équipe qui gagne et s’accorde bien sur le terrain »pour justifier son attachement à sa dulcinée qu’il a connue depuis son adolescence. Georgy, pour les intimes, doit être aux côtés  de son épouse avec qui, il s’est uni légalement depuis plus de 23 ans,  de sa fille aînée  et de ses deux garçons.  « Franchement, je n’ai pas vu vieillir ma femme. Elle devient de toujours plus belle et plus admirable à mes yeux » a-t-il dit en souriant.

 Entre 18h00 et 19 : 30, c’est le temps consacré à la réunion familiale. Cela se fait souvent à la maison. Mais, des fois, nous nous sommes tous rendus dans un restaurant de la ville. Ne me demande pas pour faire quoi alors ?  Se questionne le cinquantenaire, juste pour nous taquiner un peu.

Le succès de cet architecte n’est pas tombé du ciel. Sa dulcinée a été toujours à ses cotés dans les moments les plus difficiles de sa vie. « Mon épouse Alzette  est la colonne vertébrale de mon succès. Dans l’ombre, elle travaille pour faire de moi l’homme que je suis »a-t-il précisé avec un sentiment de fierté.

« Certaines personnes me demandent est ce que je suis toujours avec la même femme? Je les réponds que je ne me suis pas marié pour me séparer de ma moitié » a-t-il harangué, avec un beau sourire caché derrière une paire de lunettes.

Toujours soucieux de sa famille, après le travail, Georges doit appeler son héroïne Ginette Jacques, âgée, aujourd’hui de 78 ans, qui se trouve dans une résidence privée pour les ainés, pour avoir ses nouvelles. Cette mère combattante vient de remporter la victoire sur un cancer.

L’éducation de leurs enfants

De surcroit, Georges et son épouse Marie Alzette partagent les tâches afin d’inculquer une éducation solide à leurs trois enfants. « Mon épouse joue un rôle important dans l’éducation de nos enfants. Elle les inculque les bonnes valeurs de la vie humaine : l’honnêteté, le respect et la fidélité » a précisé Georges.  « Mon foyer est le lieu où je me sens en communion avec moi-même. Mon havre de paix » a-t-il conclu.

Enfin, l’ingénieur architecte, Georges Jacques, figure parmi les  modèles de réussite des immigrants haïtiens à l’extérieur du pays. L’homme d’affaires à succès nous révèle  qu’il a consacré un peu de temps à ses compatriotes foulent le sol québécois qui le contactent pour partager avec eux ses expériences. Une façon d’après lui, pour contribuer à leur intégration.

Auteur : Quetony SAINT-VIL : Courriel : lemiroirinfo.ca@gmail.com

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