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Haïti/Covid-19 : Le cri d’alarme d’un inspecteur divisionnaire de la PNH coincé aux États-Unis

Inspecteur divisionnaire Saurel Duvisien

L’Inspecteur Divisionnaire, Saurel Duvisien, était en vacance aux États-Unis. Il est coincé à l’instar de plusieurs citoyens haïtiens retenus de force par la Covid-19 dans le pays de Donald Trump. Certains pays dont le Canada et les États-Unis s’organisent malgré la fermeture des frontières pour voler au secours de leurs ressortissants respectifs bloqués dans les autres pays aux frais de l’État. Et Haïti ?

En effet, selon le Premier Ministre Haïtien, Joseph Jouthe, les haïtiens qui aimeraient retourner au pays doivent s’arranger pour louer à raison de 150 à 160 dollars américains par jour une chambre dans deux hôtels imposés pour passer les 14 jours de quarantaine obligatoire. Ce qui fait en moyenne un total de 2100 à 2240 dollars américains pour les 14 jours. Une mesure qui provoque un désespoir au sein des natifs bloqués à l’étranger en raison de la fermeture des frontières.


LMI : Les autres gouvernements s’organisent pour aller chercher leurs ressortissants à l’étranger. Vous êtes coincé aux États-Unis. Dans votre cas, vous voulez retourner en Haïti pour reprendre votre travail dans l’institution policière? Comment vous vivez cette situation ?


SD : Je suis parti en congé annuel aux États unis d’Amérique depuis la date du 09 Mars dernier. Rien ne signalait que le monde serait ainsi troublé par la Covid 19. Depuis la semaine du 15 Mars, les mesures d’urgence sanitaire sont décrétées dans le monde entier. Dès lors, j’ai beau essayer de trouver un vol pour regagner mon pays, mais jusqu’à cette date du 23 Avril, aucune ligne aérienne n’est disponible. Je me suis alors retrouvé en confinement total dans l’Etat de New Jersey, loin de ma famille mon boulot et mon pays. J’attends avec impatience que Dieu me fasse grâce conjointement aux autres compatriotes souffrant des mêmes maux, question de rentrer au bercail.


LMI : Qu’est-ce que l’État Haïtien devrait faire pour faciliter le retour des haïtiens bloqués aux États-Unis de rentrer au pays?


SD: Pour faciliter le retour des Haïtiens bloqués aux États-Unis, en Haïti, l’état Haïtien devrait å mon humble avis :

  • Solliciter du gouvernement américain via son ambassade, la disposition d’un nombre adéquat de tests pouvant vérifier l’état de santé de chaque passager, par rapport à la conjoncture. Ces tests pourraient être disposés soit à l’aéroport international de Miami, soit à l’aéroport de Port-au-Prince ou du Cap-Haïtien, suivant le cas.
  • Disposer au préalable un local approprié, muni de spécialistes de santé publique et de matériels, pour orienter et soigner les passagers testés positifs de Covid 19 et laisser partir librement en leur domicile respectif, les testés négatifs, moyennant l’observation des 14 jours de quarantaine obligatoire.Vous êtes informés du prix journalier de l’hôtel pour les 14 jours de confinement obligatoires pour ceux qui veulent retourner au pays.
  • SD : J’ai entendu par voie de presse que le coût journalier des dits hôtels s’élève à 150 $ Américains. Donc ce serait 150$ Us × 14 = 2100$ Us. L’Etat aurait ainsi emprisonné tous les passagers pour incapacité de paiement.
    LMI : Ce n’est pas évident de revenir des vacances avec des sous ?
    SD : Même quand nous autres vacanciers, aurions des sous, à notre retour, ça ferait certainement l’affaire de la famille qui souffrait de notre absence.
    LMI : Quand penseriez-vous retourner en Haïti pour rejoindre votre famille et vos collègues de travail ?
    SD : J’ai rendez-vous avec une compagnie aérienne pour la première semaine du mois de mai prochain, si Dieu le voudra bien ! Je ne sais pas si je trouverais un vol pour rentrer au pays.

La crise sanitaire mondiale provoquée par la covid-19 a surpris des milliers de vacanciers, des étudiants et des hommes d’affaire en voyage à l’étranger. Les frontières sont fermées, les vols commerciaux sont suspendus et ces milliers de voyageurs restent prisonniers dans leurs hôtel ou dans leur maison d’hébergement pour certains sans argent ni nourriture dont une majorité de citoyens sont abandonnés par les gouvernements de leur pays d’origine.

Des propos recueillis par Quetony SAINT-VIL

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