Haïti-Nord-Éducation: «Le système éducatif est malade et même pourri. Le combat doit être mené dans tous les sens» nous dit Curtis Eyma

Curtis Eyma

«Le système éducatif est malade et même pourri. Le combat doit être mené dans tous les sens. Changer la qualité de l’offre de l’enseignement et combattre un réseau de mafieux et de corrompus généré par ce dernier» nous dit Curtis Eyma, directeur départemental de la MENFP du Nord en interview. Il croit avoir posé ses empreintes de manière positive dans sa vision de changer les choses au profit du pays.

Dans une interview accordée en exclusivité à la rédaction de lemiroirinfo.ca, le directeur départemental d’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) du Nord, Curtis Eyma, a dit presque tout sur le fonctionnement d’une direction départementale d’éducation qu’il combattait en tant qu’enseignant avant de prendre sa commande.

Cap-Haitien, https://www.lemiroirinfo.ca, Jeudi 12 décembre 2019

La crise politique n’a pas complètement paralysé les activités scolaires dans tout le département du Nord. Certaines écoles publiques et privées éloignées de la ville de Cap-Haitien ont pu fonctionner. «Ces écoles sont en période d’évaluation» a-t-il confié.

«Les activités scolaires n’étaient pas paralysées dans tous les établissements publics du département. Les lycées de «Balan, Pignon, Plaisance, Ranquitte, Baron» fonctionnaient depuis le 9 septembre 2019» a argumenté Curtis Eyma. Toutefois, il a reconnu que  les activités scolaires n’ont pas pu démarrer en début d’année scolaire dans plusieurs communes dont celles qui sont limitrophes de Cap-Haitien.

Toutefois, le mercredi 4 décembre, plusieurs écoles congréganistes ont repris leurs activités en couleur. « Certains élèves des classes d’examens officiels des lycées Boukman et Philippe Guerrier de Cap-Haitien ont suivi des cours en couleur. Le Lycée Capois Lamort de Limonade fonctionne en uniforme» a précisé le représentant du ministre Agénor Cadet dans le Nord.

Examen du premier trimestre

 «Les écoles qui n’ont pas connu des moments de turbulence préparent l’évaluation  du premier trimestre» a précisé le numéro de l’éducation dans le Nord, Curtis Eyma. Cependant, le directeur du MENFP du Nord reconnait que   les écoles qui n’ont pas pu fonctionner durant les périodes de «Peyi lok» ne peuvent pas évaluer les élèves avant la fête de Noel.  

En effet, le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) a rendu public un nouveau calendrier scolaire 2019-2020. La relance des activités scolaire débute le 2 décembre. Cette année il y aurait 147 jours de classe et 6 jours de congé, si les membres de l’opposition abandonnent le macadam. Le nombre d’heures d’enseignement serait de 735 h pour le fondamental et 882 h pour le secondaire.

Combat contre la corruption et changement dans le système éducatif du Nord

Le système est malade et  même pourri. Le combat doit être mené dans tous les sens. Changer la qualité de l’offre de l’enseignement et combattre un réseau de mafieux et de corrompus généré par ce dernier.

 «Plusieurs cadres de la direction départementale du Nord ont été mutés dans d’autres districts scolaires pour un meilleur rendement scolaire. Des inspecteurs ont été remis au travail» a-t-il dit. «Une démarche qui n’a pas plu à certains de mes détracteurs mais nous le faisons pour le bonheur du système» a-t-il poursuivi.

Des chèques des enseignants fantômes ont été coupés. Des dizaines d’écoles issues du programme scolaire universel obligatoires (PSUGO) dans les sacs à dos (Valises) ont démantelées. «Plus de 60 chèques zombis ont été saisis et seront retournés au ministère des finances au cours de cette année».

Pour bien illustrer le phénomène de chèques zombies, Curtis Eyma, a pris l’exemple d’un ancien employé du MENFP dans le Nord. «Le chèque de Jean Alfred qui sort chaque mois est un bon exemple. Son chèque est déposé dans un compte bancaire, alors que ce dernier est décédé cela fait longtemps» a-t-il confirmé.

Des matières fécales sur les portes de certaines institutions scolaires qui ouvrent leurs portes pour accueillir des élèves en couleur.

La reprise officielle des activités scolaires dans la ville de Cap-Haitien, ce lundi 9 décembre, 3 mois plus tard, n’a pas été sans surprise. Les portes de plusieurs écoles congréganistes ont été barbouillées de matières fécales.

«Menm pot kay mwen te benyen ak kaka. Epi bagay santi anpil» en français  «Mêmes les portes de ma maison ont été barbouillées. Ces matières fécales dégagent des odeurs nauséabondes» a souligné le numéro 1 de l’éducation dans le Nord. «Nous n’avons pas cédé aux pressions des malfrats. Nous avons fait appel aux sapeurs-pompiers pour laver les espaces affectés. Les écoles continuent à fonctionner» s’est réjoui Curtis Eyma.

Sécurité des élèves

Des mesures conjointes ont été prises par les autorités policières pour garantir la sécurité des élèves. Par contre, mêmes les policiers ne sont pas en sécurité. Certains paramètres sont imprévisibles.

Des frais scolaires du premier trimestre

En ce qui concerne les frais scolaires du premier trimestre déjà payés et que certaines écoles réclament des parents. Curtis Eyma, a voulu être prudent. Il souhaite qu’une entente tripartite soit trouvée entre les parents, les enseignants et les directions d’écoles. «On ne peut pas être payé pour un service non rendu» tout en reconnaissant que les écoles ont un engagement annuel avec les enseignants engagés.

Auteur : Quetony SAINT-VIL

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