Le citoyen Rony Blain écrit une lettre ouverte à l’intelligentsia haïtienne pour former la vraie opposition !

Rony BLAIN

LETTRE OUVERTE À L’INTELLIGENTSIA HAÏTIENNE / BUREAU DE LA TRANSITION ET DE LA RÉFORME

Port au Prince, https://www.lemiroirinfo.ca, Jeudi 12 décembre 2019

Par cette présente, j’invite l’intelligentsia à s’organiser en vue de reconquérir le pouvoir. Le Dossier de la transition et Les Propositions de réformes seront mis à votre disposition.

Le lettré haïtien n’a jamais pu se relever du déluge de 1957. Il fut intimidé, torturé, tué et exilé. En cette même période, un premier contingent d’enseignants partait pour l’Afrique. Les boursiers de l’État ainsi que les membres de la fine bourgeoisie décrétaient l’exil volontaire. Il ne faut non plus oublier que dès que les jeunes gens atteignaient l’âge de la majorité, ils furent envoyés à l’étranger pour pouvoir les protéger contre les anthropophages de la dictature.

Ce déplacement de population a sapé les possibilités d’avancement de notre société voire de régénérescence de nos institutions.

On ne peut pas avancer si on continue sur cette voie, si on ne rectifie pas les contradictions connues, l’inégalité révoltante, l’enrichissement illicite, l’impunité indécente, l’insécurité programmée et l’incurie malsaine.

En laissant le pays en 1987, j’avais eu en ma possession le cahier des revendications populaires. En 2003, à la veille du bicentenaire, en feuilletant notre chartre, j’ai senti le besoin de concevoir un programme de restructuration de l’État. Ce qui a conduit à la rédaction du Guide de la réforme haïtienne.

En 2007, j’ai fondé la Nouvelle opposition nationale afin de créer un mécanisme servant à introniser la réforme générale.

La Nouvelle opposition préconise l’avènement d’une période intérimaire, la restructuration du secteur public et l’émergence d’une nouvelle classe politique.

Aujourd’hui, la rue se manifeste en faveur d’un nouveau régime politique en prenant soin de payer l’impôt de sang nécessaire. On ignore le nom et le nombre de citoyens immolés à la nouvelle révolution.

Élevés dans la mesquinerie, l’égoïsme, l’indifférence, la jalousie pour devenir des monstres égocentriques, nous avons perdu la notion du social et l’instinct communautaire pour se réfugier dans l’individualisme putride.

Malheureusement, l’intelligentsia nationale qui patauge dans cette réalité complice n’a pas pu saisir l’opportunité pour faire valoir ses droits en tant que dépositaire de la civilisation.

Dès la fin du mois de juin, l’opposition traditionnelle s’est servie de mes propositions de sortie de crise lesquelles lui ont permis de réaliser le Congrès de l’hôtel Marriott. Les participants, ces vieux routiers qui nous ont fourvoyés autrefois et récemment prônent le remplacement du gouvernement par des formules ressassées non le changement du système politique par l’arrivée de nouveaux acteurs et de nouvelles initiatives comme le réclame la population.

Dans un premier temps, le Core Group se montrait favorable au “départ ordonné” de l’actuel président. Mais voyant que ses interlocuteurs, en l’occurrence, les membres de l’opposition traditionnelle ne représentent pas le futur de la nation, mais un raccourci qui ramène aux excès antérieurs, il a cessé de se réunir avec ces récidivistes.

L’intelligentsia haïtienne doit revenir de sa stupéfaction, pour reconquérir la haute sphère du pouvoir.

Ma définition de l’intelligentsia est celle-ci : groupe de citoyens qui maîtrisent impeccablement une discipline ou un sujet pour pouvoir éclairer le public. Elle compte aussi dans son rang les gens les plus évolués.

Actuellement, Haïti est le seul pays ou l’élite est mise à l’écart, détrônée en faveur du prolétariat, des fils de pute et de latrines dont le but est de s’enrichir et de détruire la nation.

Je compte mettre l’ensemble de mes propositions à la disposition de la nouvelle classe politique, en l’occurrence les réformes exécutive, judiciaire, législative, municipale, gouvernorale, sécuritaire, économique, sanitaire, industrielle ainsi que le programme d’intégration et de décentralisation sans oublier le Dossier de la transition.

Nous informons les intéressés que la nouvelle Constitution prône l’abolition du poste de premier ministre, de l’armée, des partis politiques et du créole comme langue officielle. Cette position est fondée sur plus d’une trentaine d’années d’observation.

Le poste de premier ministre nous maintient dans l’instabilité permanente. Nous devons restituer à la présidence ses prestiges, tout en prenant soin de réduire ses prérogatives, en lui ôtant les secteurs comme la justice, l’économie et la sécurité.

L’armée symbolise l’instrument d’oppression de l’oligarchie. Elle est en charge des basses besognes, telles que réprimer le peuple, fomenter des coups d’état. Ce qui explique nos doutes sur la nécessité d’une armée régulière.

En période électorale, un mois suffit pour voir apparaître une dizaine de partis politiques. Nous proposons la création de l’Académie électorale où tout citoyen se réserve le droit de rejoindre dans le but de poser sa candidature aux frais de l’État. A noter, qu’il faut tenir compte des dispositions de la loi électorale.

Le créole représente le paradis du populisme. Dès que tout le monde est libre de s’exprimer sans calcul ni recul, cette licence contribue à la déstabilisation sociale. La langue française nous garantit une place équitable aux rangs des nations. Il faut procéder à la franconisation  universelle comme nos enseignants y ont contribué en Afrique. L’intégration sociale est impossible sans l’usage officiel du français, un instrument de promotion citoyenne, comme il fut le cas dans le temps.

Les circonstances nous laissent entre deux voies : la révolution et l’abîme; l’élitisme et obscurantisme; la nouvelle opposition et l’opposition traditionnelle.

Avec l’appui indéfectible du Bureau de la transition, l’intelligentsia nationale est libre d’organiser des mobilisations populaires, intervenir dans la presse. Mais, pour négocier avec le Core Group sur le départ de tous les élus, l’autorisation du Bureau s’avère nécessaire.

Nous demandons aux intéressés de nous faire parvenir leur adresse électronique dans le but de recevoir les informations disponibles.

Nous demandons aussi aux intéressés de passer notre annonce au plus de monde que possible.

Finalement, cette lettre d’invitation à l’action citoyenne symbolise l’acte de décès de toutes les récentes victimes politiques aussi bien que l’acte de naissance des futures générations.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Messieurs, l’expression de nos sentiments distingués.

Ne te trump pas. Vive la Révolution 2020!

Rony Blain

Initiateur de la Nouvelle opposition nationale

Initiateur du Bureau de la Transition et de la réforme

Diplômé en Sciences politiques, philosophie et lettres

Auteur du Guide de la réforme, La Nouvelle opposition,

Miroir du soleil & Réflexions II

blainrony@yahoo.com

www.facebook.com/rony.blain

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