Actualité, Justice

La Police Nationale d’Haïti et ses contraintes à la liberté d’expression

​Par Me Nixon Pierre, Av. 
Tampa, Florida, (https:www.lemiroirinfo.com),  Mardi 29 Octobre 2019.

Le droit de grève est pleinement reconnu dans la Constitution et les lois haïtiennes. Cependant, l’exercice de droit est strictement prohibé aux policiers. La loi du 29 Novembre 1994 portant création, organisation et fonctionnement de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les règlements intérieurs de la Police Nationale d’Haïti (PNH) précisent que les fonctionnaires de la Police sont tenus à une obligation de réserve et astreints à toute cessation concertée de travail.

Dans l’intention de contourner cette censure imposée par la loi, les policiers ont trouvé des moyens alternatifs pour exprimer leur mal-être et présenter du même coup leur cahier de doléances aux dirigeants concernés. Ainsi, le dimanche 27 Octobre 2019, des policiers ont gagné les rues de la Capitale et de la deuxième ville du pays pour réclamer de meilleures conditions de travail qui impliquent l’augmentation salariale, l’assurance médicale et le droit syndical. C’est la première manifestation des rues organisée par des policiers dans l’histoire d’Haïti. Il faut souligner que ces revendications sont fondées,  justes et légitimes. Cependant, à la lumière de l’interprétation des instruments nationaux réglementant l’institution policière, les policiers ont enfreint la loi. Les pétitions et certaines actions hermétiquement internes sont les seuls moyens octroyés aux policiers pour se faire entendre.

Une étude comparée des textes de lois régissant le fonctionnement des forces de Police dans tous les pays du monde nous permet de déduire qu’il est universellement interdit aux policiers de faire de la grève et des manifestations publiques. Cette disposition a pour but de protéger le secret professionnel et le devoir de réserve dans l’expression écrite et orale de leurs opinions personnelles.

À l’issue de la manifestation, des voix du Haut commandement de la (PNH) se sont élevées pour condamner l’agissement des policiers qu’ils considèrent comme un acte illégal, menacent de radier ou transférer certains d’entre eux  qui ont pris part à la marche.

Cette nouvelle donne de l’actualité fragilise davantage la sécurité des vies et des biens en Haïti avec la prolifération des gangs armés, la circulation des armes à feu et le développement de la culture criminelle à travers  tout le pays.

La PNH risque de connaitre le même sort que l’Armée d’Haïti si rien n’est fait pour remédier à la situation. Dans cet ordre d’idée, on peut s’attendre à des coups d’État orchestrés par des policiers, des mutineries, des révoltes et des insubordinations à l’intérieur de l’institution policière, et enfin la démobilisation de la Police. En somme, la Police Nationale d’Haïti est en danger. Haïti risque d’aller plus bas au fond de l’abîme.

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