L’(OUDH) écrit une lettre ouverte aux acteurs de la société civile et religieux pour une entente nationale

Cap-Haïtien, https://www.lemiroirinfo.ca, Samedi 27 juin 2020

De : L’Organisme d’Universitaires de Défense des Droits Humains (OUDH) oudh24@yahoo.fr/ (509) 47717645/ 336727, 56 Cap-Haïtien, Haïti

Aux : Leaders des partis politiques et des regroupements politiques : Responsables des organisations de la société civile y compris les OCB : Leaders religieux (Églises catholiques et protestantes) : Leaders du secteur Vodouisant : Responsables des Cercles Mystiques (Franc-maçon, Rosicruciens, Martinistes…)

Objet : Circulaire sollicitant une prise de conscience collective pour une décision commune

Cher, e(s) Concitoyen, e(s), L’idée de vous faire part de cette circulaire résulte d’une profonde réflexion sur la dégradation vertigineuse et en chute libre de la situation socio-économique et politique d’Haïti, trente-quatre (34) ans après la chute des Duvalier, symbole de la dictature en date. Oui, 34 ans après la chute des Duvalier, outre les libertés fondamentales que nous avons recouvrées, tout le reste est volatilisé en fumée et s’écroule en confusion et en mauvaise plaisanterie. Pour économiser le temps et l’espace, l’Organisme d’Universitaires de Défense des Droits Humains(OUDH) se garde de ne pas énumérer la liste des méfaits; mais se contente de souligner que le pays n’est plus dirigé.

 Le pire, c’est que 34 ans après, ceux et celles qui devraient être considérés comme élites, sont plongés volontairement ou involontairement dans un silence prolongé, comme signe de complicité ou d’un acte d’abandon. Finalement, l’heure est grave et très grave ! Mais l’heure est grave et très grave, c’est parce que depuis février 2020, Haïti, notre chère patrie, inscrite comme candidate dans le monde où règnent le respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et l’État de droit, se voit, de force, dirigée par décret; des décrets anticonstitutionnels et foulant au pied toute notion des droits de l’homme, de la démocratie et de l’État de droit.

Sans désemparer, nous nous sommes déjà rendu compte que, 34 ans après la chute des Duvalier, Haïti est de retour à l’autoritarisme maladroit, une dictature atténuée sous forme de démocratie autoritaire. Devant cette menace qui tend à balayer tous nos acquis démocratiques et en droits de l’homme, l’Organisme d’Universitaires de Défense des Droits Humains(OUDH) estime nécessaire et urgent de vous adresser cette circulaire comme alerte précoce. Et en lien avec cette alerte précoce, l’OUDH vous dit : « Réveillez-vous ! Réveillez-vous, si vous dormez; car le Bateau (Haïti) en pleine mer est tombé en panne; l’eau commence à y pénétrer; les membres de l’équipage ne connaissent pas le métier; les passagers à bord sont turbulents et c’est la confusion et la panique sur toute la ligne. Pour éviter le naufrage, nous devons accoster la rive la plus proche et plus sure, pour le réparer le bateau, planifier avant de remettre le cap ».

Cette anecdote n’est autre que l’illustration de la situation actuelle d’Haïti; une situation dilettante, angoissante, alarmante et révoltante qui doit nous porter vers une prise de conscience collective pour organiser, sans condition préalable, une Conférence Nationale Souveraine qui débouchera sur une Entente Nationale aux fins de redéfinir en toute inclusion les grandes lignes d’orientation de la nation; réorganiser les Institutions étatiques sur la base d’une nouvelle constitution adaptée et organiser les élections générales.

Cher, e(s) concitoyen, e(s), ne continuons pas à nous entredéchirer dans des querelles non productives et nous diviser en petits clans pour ne pas justifier la fameuse déclaration « Il faut sans cesse diviser les va-nu-pieds pour les empêcher de s’unir et de mettre les gens à chaussures en état de s’entredéchirer….» d’un ancien Président d’un pays qui se dit ami d’Haïti; car nous avons déjà la solution; il nous suffit de faire le front commun et de l’appliquer pour éviter le naufrage du Bateau. Étant donné que notre patrie nous a été léguée par nos ancêtres au prix de leur sang, nous n’avons donc pas besoin de maitres pour nous passer des ordres…nous ne sommes plus des esclaves et nous avons déjà juré de ne plus y retourner .

Toutefois, nous avons besoin de la collaboration internationale, au regard de la Charte des nations-Unies et celle de l’Organisation des États Américains(OEA), vu que ces Chartes prônent la coopération internationale entre États et la non-ingérence. Dépouillons-nous de notre orgueil qui empoisonne nos réflexions et nos actions, et emboitons le pas pour une vraie entente Nationale issue d’une Conférence Nationale Souveraine en dehors de laquelle, nous allons continuer à évoluer autour d’un cercle vicieux comme des acteurs jouant sur une scène truquée dès le départ; et il n’y aura pas de solution pour notre pays.

 Haïti, étant un héritage commun et un bien indivis, appartient à nous tous et nous toutes; nous ne devons pas la réduire à une propriété exclusive d’une clique ou d’un chef d’État qui se permet tout en s’appropriant mêmes les prérogatives que la constitution ne lui accorde pas. Dans l’éventualité où le pouvoir en place refuserait l’idée d’une Conférence nationale souveraine débouchant sur une Entente Nationale, les partis politiques de l’opposition modérée et radicale, les responsables de la société civile, les leaders religieux y compris les Vodouisants et les responsables des cercles mystiques doivent éprouver l’extrême urgence de s’entendre et d’organiser la conférence nationale souveraine aux fins d’offrir, à bref délai, une alternative commune à la nation. Votre compréhension et Ses salutations patriotiques !

Auteur : JEAN NOEL Barthelemy Decius Juriste spécialisé en droits humains Directeur Exécutif

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