Servante/bonne en Haïti: La nouvelle forme de l’esclavagisme

En Haïti, il n’existe presque pas de garderie comme au Canada pour garder les enfants à bas âge de zéro à 6 ans. Les gens qui ont un emploi ou qui font partie de la « classe moyenne » emploient souvent une servante pour la garde des enfants et les travaux domestiques.

Port-au-Prince, https://www.lemiroirinfo.ca, Lundi 20 Juillet 2020

Parfois, la servante a obligée d’habiter sous le toit de la maison dans laquelle elle  travaille. Il arrive que cette obligation lui ait été signifiée pour qu’elle soit disponible à tout moment pour les besoins de son employeur. Mais aussi, elle vient de très loin dans les zones reculées pour venir chercher un mieux être en ville. La gratification perçue ne lui permet pas de louer une chambrette pour se loger.

Une petite pièce est souvent aménagée dans la cour pour la « servante ou et le gardien/ nèg lakou ». Elle empile toutes ses affaires dans cette dernière.

Par contre, dans certains foyers, elle trouve une chambre normale. Elle surveille les enfants qui pourraient se réveiller à tout moment pour éviter de déranger le patron et la dame dans leur sommeil parce qu’ils doivent se reposer pour se rendre au travail au lendemain.

Cependant, ses principales tâches domestiques consistent  à: « garder des enfants, amener les enfants à l’école; faire le ménage et l’entretien de la maison, préparer les enfants et cuisiner » pour un putain salaire de misère.

En plus de cela, les servantes sont obligées de coucher avec le patron ou les fils du patron, les neveux, frères ou beau-frère d’un membre la famille qui l’emploie si elle veut garder son poste. 

Elles sont nombreuses dans le pays de Dessalines, les femmes qui sont victimes de cette pratique odieuse. Si la servante porte un bébé pour son patron, elle a été contrainte de quitter la maison et de trouver un autre endroit pour habiter. Pas mal de victimes finissent leur jour dans les rues sous le ciel étoilé avec des enfants sous leurs bras.

Parfois, les hommes mariés qui ont commis ces crimes ne pouvant pas reconnaître ces types d’enfants en raison des mesures restrictives de la loi. Cette victime ne pouvait pas porter plainte contre ses bourreaux et violeurs voir réclamer une pension alimentaire pour subvenir aux besoins élémentaires de ses enfants.

 Néanmoins, elle doit se prostituer pour survivre. Dans le cas où elle serait enceinte pour le fils du patron, elle est chassée de la maison. Elle doit retourner à la campagne pour enfanter. Puis, dans certaines situations; cet enfant a été réclamé par les parents du jeune homme. Car, il doit poursuivre ses études à la capitale ou dans une autre ville de province ou encore à l’étranger.

En effet, les servantes sont souvent traitées de manière irrespectueuse par les membres de la famille qui l’engagent. Comme au temps de l’esclavage, les servantes sont obligées de parler le français (fransè maron) si la famille choisit le français comme langue première.

Le marché pour la vente des esclaves a pris une forme à Cap-Haïtien notamment. Si vous cherchez une servante, diriez-vous de l’autre côté du pont (quartiers Shada)  à proximité du sous-commissariat de police. Elles viennent des communes de « Dondon, Saint Raphaël, Pignon, Valllières, Ranquitte et même Mombin-Crochu » pour venir chercher du travail. Quel travail ? Une exploitation à outrance. Elle travaille jusqu’à 12 heures par jour sans être capable de percevoir le salaire minimum exigé pour les 8 heures de travail dans les industries.

Auteur : Quetony SAINT-VIL, courriel : quetony.saintvil@gmail.com

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